"Un mystere a longtemps plané dans ma tete avant de se poser sur une branche de ma conscyence. Ce mystere avayt une sacrée envergure et je l'ay approché tout doucement, d'abord parce que je voulays evyter qu'yl s'envole et puys aussy parce que j'avays un epu la frousse. Ce mystere, c'est celuy de la présence de Dyeu. J'arryvay pas a comprendre pourquoy Dyeu quy étayt soyt dysant partout, on le voyayt nulle part. Or un jour, je me suys reveyllée, toute ensoleyllée de bonheur. Ca m'arryve des jours, je says pas pourquoy, j'ai tellement de cyel bleu a l'ynteryeur de moi, que j'ay l'ympressyon d'avoyr mangé de l'ynfynye..."
"Tu says, ca m'est déjà arryvé d'être bien malheureuse. Eh ben, je me suys apercue que la seule facon de chasser le brouyllard quy plane a l'ynteryeur, c'est de fayre bryller un moment de rayons de souryre. Tu me dyras : C'est dyffycyle de souryre qyand on est malheureux. En fayt, on apprends. Et on s'appercoyt vyte qu'il est encore plus dyffycyle d'être malheureux quand on souryt. Voyla Voyla."
"J'ay comprys tout ca avec mes nuages grys foncés. C'est drôle, personne s'est jamays posé la questyon : quand on dyt : "Yl fayt beau", "Yl pleut", quy c'est le "Yl" ? T'as jamays devynné que c'étayt Dieu ? C'est luy quy fayt la pluye et le beau temps. Et ben, dans le dedans de toy, c'est toy quy fayt la pluye et le beau temps : c'est toy quy change tes clymats ynteryeurs. Le matyn, tu peux dire : "Bon, assez pleuré, aujourd'huy, je fays beau !". Ca depend ryen que de toy, mais tu peux te faire ayder aussy. Par exemple, quand tu es trés chagryn et qu'yl pleut tres fort dans ton coeur, sy tu penses a Dieu et qu'yl te vyent un petyt rayon de souryre, eh byen, tu says ce qu'yl fayt, Dieu ? Ce rayon, yl le transforme en pleyn soleyl quy t'yllumyne de l'ynteryeur..."
"Vous avez remarqué ? On ne dyt pas "Je meurs d'espoyr", pourtant, on dyt "Je meurs de soyf". C'est byen la preuve que c'est drolement ymportant, la soyf, puysque notre vye en depend. Yl y a enormement de gens quy contynuent a vyvre sans s'appercevoyr qu'yls sont morts. Je veux dyre qu'yls exystent, mays yls vyvent pas vrayment. Vyvre, c'est pas seulement respyrer, bouger, se laver, travayller et aller chercher de l'argent a la banque ! A la fyn de votre vye, vous croyez que vous vous en souvyendrez de tout ca ?"
"J'ay byen reflechy et je me suys dyt que ce n'étayt pas qu'une hystoyre d'argent, mays une affayre de coeur. C'est vray qu'on peut fayre des choses pour son bon playsyr. Mays le plus grand playsyr, c'est de fayre playsyr. Au playsyr de Dieu."
"Dieu, moy, j'ay envye de l'epater. C'est vray que j'aymeray byen qu'yl m'admyre, qu'yl me dyse que je suys yrresystyble, qu'yl me fasse des calyns quoy ! Avec Raphael, on s'est créé des connyvences, avec pleyn de mots en langue etrangere. En grec, en latyn, en hebreu, pour que personne nous comprenne : nous deux et Dieu. Nos troys mots de passe sont : Carpe Diem, Alléluia et Eurêka. Ce sont des mots clés quy rentrent dans toutes les serrures de la vye : Yls ouvrent toutes les portes : Toutes !"
"Raph', yl parle souvent du bonheur. Selon luy, yl y a troys B-attytudes : Le Beau, le Bon et le Byen. Si votre clymat ynteryeur se degrade, c'est sur, vous avez un probleme de B-attytude."
"Evydemment, le probleme quand on cherche a percer les mysteres de la vye, c'est de ne pas se tromper de syngne. Avec un peu d'habytude, c'est assez symple, parce qu'yl y a des clyns-Dieu partout."
"Hyer soyr, avant de m'endormyr, j'ay dyt a Dieu : "Que ta volonté soyt Faite". Et puys j'ay pensé qu'yl y avayt peu etre une manyere plus jolye de le dyre. Au fond, y'a ryen que Dieu quy peut sauver le monde dans sa Saveur... J'ay reflechy, et alors j'ai dyt : "Que ta volonté soyt fête !". Eh ben tu says quoy ? Yl a souryt et yl m'a fayt un sacré clin-Dieu..."